Je passe sur les propriétaires de maison qui trouvent leur demeure si exceptionnelle qu'ils voudraient toucher le pactole si celle ci apparaît au fond de l'image, floue, détachée du sujet, et que eux seuls l'auront remarquée.
Non, je veux parler de l'image physique, l'image propre, celle que l'on a de soi ou que l'on voudrait faire avaler aux autres.
"Je ne veux pas être pris(e) en photos"
Bon, petit bémol avant tout. Pour avoir, par un passé lointain et moins expérimenté, tenté de faire signer le fameux sésame (j'autorise machin à utiliser mon image dans le cadre de sa communication....) je peux dire que j'en ai essuyé des refus ; et des bonnes photos inutilisables, et des photos ratées pour avoir dû courir faire signer le sujet précédent. Alors que quand j'ai avec moi une assistante souriante (je ne me mêle de rien, je reste rivé dans mon œilleton, dans mon univers), tout le monde accepte. Comme quoi, cette sacrosainte image, est tout de même confiée plus facilement à une belle jeune fille avenante, qu'à un grand chauve de plus de 100 kg (et moins avenant).
Mais cette image bon sang (j'ai dit "bordel") quelle importance a t elle ?
Vous croyez vraiment que les gens vont vous voir dans telle ou telle publication, découper vos photos avec un fétichisme sadique pour les afficher dans leurs toilettes.
Mais merde (là je l'ai bien dit) votre image, mon image, elles ne valent rien (parce que nous ne sommes pas célèbres, mais c'est un autre débat).
Notre image dans un journal, ou dans un guide, ou je ne sais quoi, qu'est ce que ça peut foutre ?
Du moment qu'il n'y a pas d'intention politique ou religieuse, du moment qu'aucune idéologie contraire à nos mœurs n'est représentée : qu'y a t il donc qui vous fasse péter si haut que vous pensiez toucher les étoiles ?
Je ne comprends pas. Par un passé tout aussi lointain où j'étais impliqué sur pas mal de projets culturels et infructueux financièrement (détail inutile) je sais ce que c'est de se voir dans une publication et je n'y comprends pas l'enfer.
Peut être parce que j'ai conscience que mon image n'intéresse pas ce que l'on appelle "le grand public" (ce sont les autres, ceux qui ne sont pas nos proches mais que nous sommes amenés à croiser chaque jour).
A l'inverse de cette chauffeur de bus qui a cru bon de tirer la langue et d'agiter les bras à la façon d'un singe pour m'empêcher de prendre une bonne photo alors que je plantais la depuis 15 minutes pour l'immortaliser ce putain de bus à la bourre.
"Je ne suis pas photogénique"
Mais parce que tu crois que tu es mieux en réel ?
Non, je lui ai juste dit qu'elle m'empêchait de travailler, d'autant que le reportage était commandité par son patron (je vous rassure, je ne l'ai pas balancée).
Bref.
Jusqu'où va t on aller avec cette importance que l'on s'accorde sans modestie.
Où nous conduira cette vanité inutile.
Combien d'années avant que l'on porte tous, sur la tête, un casque avec lunettes occultantes qui nous permette de choisir qui nous verra ou pas dans la rue ou au café.
"Azarox souhaite devenir ami dans la vraie vie avec vous."
"Bélussian vous demande votre laser afin d'allumer sa cigarette électronique."
Bien sûr "choisir" sera toujours un bien grand mot, vu qu'il faudra mettre forcément sa famille en amis, l'ami de son ami qu'on a croisé une fois et dont on se fout, et sans oublier son patron avec qui il ne faudra pas oublier d'activer le mode "rire" lorsqu'il sortira des blagues sous peine de se voir sucrer sa prime de Noël.
Bon, finalement ça ne sera pas si différent d'aujourd'hui. Il y aura le casque en plus.
Et à ce moment là, si un fétichiste sadique a effectivement découpées des photos de toi pour les afficher dans ses toilettes, tu n'auras qu'à pas répondre à ses pokes.




