vendredi 28 octobre 2011

Mon pixel personnel

Les photographes de reportage sont bien souvent confrontés au "problème" de droit à l'image.
Je passe sur les propriétaires de maison qui trouvent leur demeure si exceptionnelle qu'ils voudraient toucher le pactole si celle ci apparaît au fond de l'image, floue, détachée du sujet, et que eux seuls l'auront remarquée.
Non, je veux parler de l'image physique, l'image propre, celle que l'on a de soi ou que l'on voudrait faire avaler aux autres.
"Je ne veux pas être pris(e) en photos"
Bon, petit bémol avant tout. Pour avoir, par un passé lointain et moins expérimenté, tenté de faire signer le fameux sésame (j'autorise machin à utiliser mon image dans le cadre de sa communication....) je peux dire que j'en ai essuyé des refus ; et des bonnes photos inutilisables, et des photos ratées pour avoir dû courir faire signer le sujet précédent. Alors que quand j'ai avec moi une assistante souriante (je ne me mêle de rien, je reste rivé dans mon œilleton, dans mon univers), tout le monde accepte. Comme quoi, cette sacrosainte image, est tout de même confiée plus facilement à une belle jeune fille avenante, qu'à un grand chauve de plus de 100 kg (et moins avenant).
Mais cette image bon sang (j'ai dit "bordel") quelle importance a t elle ?
Vous croyez vraiment que les gens vont vous voir dans telle ou telle publication, découper vos photos avec un fétichisme sadique pour les afficher dans leurs toilettes.
Mais merde (là je l'ai bien dit) votre image, mon image, elles ne valent rien (parce que nous ne sommes pas célèbres, mais c'est un autre débat).
Notre image dans un journal, ou dans un guide, ou je ne sais quoi, qu'est ce que ça peut foutre ?
Du moment qu'il n'y a pas d'intention politique ou religieuse, du moment qu'aucune idéologie contraire à nos mœurs n'est représentée : qu'y a t il donc qui vous fasse péter si haut que vous pensiez toucher les étoiles ?
Je ne comprends pas. Par un passé tout aussi lointain où j'étais impliqué sur pas mal de projets culturels et infructueux financièrement (détail inutile) je sais ce que c'est de se voir dans une publication et je n'y comprends pas l'enfer.
Peut être parce que j'ai conscience que mon image n'intéresse pas ce que l'on appelle "le grand public" (ce sont les autres, ceux qui ne sont pas nos proches mais que nous sommes amenés à croiser chaque jour).
A l'inverse de cette chauffeur de bus qui a cru bon de tirer la langue et d'agiter les bras à la façon d'un singe pour m'empêcher de prendre une bonne photo alors que je plantais la depuis 15 minutes pour l'immortaliser ce putain de bus à la bourre.
"Je ne suis pas photogénique"
Mais parce que tu crois que tu es mieux en réel ?
Non, je lui ai juste dit qu'elle m'empêchait de travailler, d'autant que le reportage était commandité par son patron (je vous rassure, je ne l'ai pas balancée).
Bref.
Jusqu'où va t on aller avec cette importance que l'on s'accorde sans modestie.
Où nous conduira cette vanité inutile.
Combien d'années avant que l'on porte tous, sur la tête, un casque avec lunettes occultantes qui nous permette de choisir qui nous verra ou pas dans la rue ou au café.
"Azarox souhaite devenir ami dans la vraie vie avec vous."
"Bélussian vous demande votre laser afin d'allumer sa cigarette électronique."
Bien sûr "choisir" sera toujours un bien grand mot, vu qu'il faudra mettre forcément sa famille en amis, l'ami de son ami qu'on a croisé une fois et dont on se fout, et sans oublier son patron avec qui il ne faudra pas oublier d'activer le mode "rire" lorsqu'il sortira des blagues sous peine de se voir sucrer sa prime de Noël.
Bon, finalement ça ne sera pas si différent d'aujourd'hui. Il y aura le casque en plus.
Et à ce moment là, si un fétichiste sadique a effectivement découpées des photos de toi pour les afficher dans ses toilettes, tu n'auras qu'à pas répondre à ses pokes.





mardi 18 octobre 2011

Un oeuf de panda pour la 12 !

L'écologie c'est quoi sans déconner ?
On va se wiki-renseigner : "le domaine de réflexion qui prend pour objet l'étude des interactions, et de leurs conséquences, entre individus"
Ha ok, la on est d'accord. Je me disais bien que ceux qui se qualifient d'écolos ne comprennent souvent pas grand chose et tirent des conclusions hâtives en toute ignorance.
Pour moi l'écolo, comme on me l'a appris à la fin des années 80, c'était celui qui ne jetait pas son papier par terre. Ou encore ne laissait surtout pas son mégot, même éteint, dans la nature. Mais apparemment je me trompais.
Les écolos ça réflexionne alors, et bien c'est pour ça qu'on s'entend pas.
C'est pour ça que ce vieux couple avec leurs tongs en poils de lama roulait dans un mini bus volkswagen vieux de trente ans, qui devait consommer au moins du 15 litres et qui tuait deux oiseaux au kilomètre. C'est parce qu'ils réflexionnaient.
C'est aussi pour ça que des bobos en mal de sensations s'amusent à crever les pneus des 4x4 sous couvert d'une soi disant préservation de l'environnement, alors qu'une étude prouve (et a d'ailleurs été vérifiée par d'autres scientifiques) qu'un chien, en une année, laisse une empreinte carbone deux fois supérieure à celle d'un tout terrain Toyota qui roule 10 000 kms (ce qui équivaut aussi à une année d'utilisation moyenne). Il serait donc plus judicieux de crever les pneus de leurs chiens.
Quand nous pique niquons, j'apprends à mes enfants que l'on peut laisser les déchets organiques sur place. Coquilles d'oeuf, pelures de tomates, miettes de pain (en prenant quand même soin de ne pas les laisser en plein milieu).
Parce que j'ai la flemme de me trimbaler une poubelle au retour ?
Non, j'en trimbale déjà une remplie des déchets non organiques (y compris les mégots).
Simplement si tu veux faire de petits gestes (ça fait mauvais slogan mais tant pis) réfléchis à combien de rotations de camions, d'incinérations, d'enfouissements, tu peux faire échapper la planète si tout le monde faisait cela.
Le poids de toutes les coquilles d’œuf du monde ça doit faire du lourd.
Mais l’écolo qui réflexionne, enroulé dans son écharpe multicolore, te dira, s'il l'ose vu qu'il fait souvent la moitié de ton poids, que tu pollues avec tes coquilles d’œuf par terre.
Il ne se rend pas compte de tout le bien que tu viens de faire. Il ne rend pas compte qu'il est en train de te parler d'esthétisme et pas d'environnement.
Pareil si tu embarques des pierres sur les sentiers pour refaire ton vieux mur, il serait capable de te dire que tu dénatures alors que tu aides à lutter contre l'érosion galopante qui dévaste bon nombre de coins en Provence Alpes.
Mais comme l'écolo réflexionne, il n'a pas encore la solutionne.
C'est normal.
Donc je ne suis pas écolo, et du coup le badge que je portais toute l'année des mes 12 ans n'a plus aucun sens.
Tant pis, je pourrais peut être m'en remettre en faisant volte face. Je deviens ultra capitaliste, et je veux pourrir le globe, j'investis dans des actions chez EDF pour voter le tout nucléaire au conseil d'administration, et puis aussi chez l'Oréal pour qu'on continue à éviscérer toutes sortes de bestioles au nom de la science cosmétique.
Oui je vais investir dans le mal, mon côté obscur, et je vais........ ha mais non. Merde.
EDF et l'Oréal sont de très gros investisseurs de la fondation Nicolas Hulot.
Du coup en achetant leurs actions, je financerais la FNH.
Et du coup, je deviendrais un écolo qui réflexionne moi aussi. Il faudrait que perde quarante kilos et que je me trouve un trench coat et une longue longue écharpe multicolore.
Non, c'est trop compliqué pour moi tout ça.
Je crois que je vais me contenter de ne pas jeter mes papiers par terre.
A part si c'est un fly pour une soirée Nicolas Hulot.

Et pour finir un petit bonus garanti véridique (comme tout sur ce blog), une discussion entre deux femmes trentenaires entendue dans la rue, de nuit (vous allez finir par croire que je suis misogyne mais c'est tout le contraire ! Et puis ho, c'est un cadeau !)
"Brrrrr, y fait froid."
"Ouais, la nuit y fait froid, et le jour y fait chaud."
"Mais la nuit c'est normal qu'y fait froid."
"Ouais mais le jour y fait très chaud."
"Mais c'est l'automne aussi."
.....
"Mais brrrrrrrr, y fait froid quand même."



dimanche 9 octobre 2011

Pour le second degré, vous prenez l'ascenceur ?

C'était une brunette au sourire malicieux, au petit nez adolescent et dont la trentaine passée se reflétait sur les cernes qui lui mangeaient les pommettes.
La discussion s'est imposée comme un papillon virevoltant autour de nous, pour finalement se transformer en un bloc de béton du type de ceux qui lestent les grues sur les chantiers.
Elle voulait reprendre ses études, ce qui ne me paraît jamais ni une bonne, ni une mauvaise idée, mais apparemment ses premiers tests n'auraient pas été concluants.
Pour la rassurer, avec un brin de provoc', j'ai dit "De toute façon, tout ce qu'on t'apprend à l'école, c'est des conneries. C'est Orson Wells qui l'a dit".
J'ai senti le vide dans ses pupilles.
"Wells" m'a t elle interrogé "le type des aspirateurs ?".
A ce moment, une fissure sembla faire le tour de ma boîte crânienne.
Comme pour tromper la mort, l'ennui, le désarroi, j'ai voulu continuer sur l'humour.
"Non, le type des aspirateurs c'est Edgar Hoover."
Au moment où je disais cela, je priais intérieurement pour qu'elle comprenne tout le non sens de cette discussion, et en même temps je regrettais immédiatement de m'être engagé sur cette voie. Comme lorsqu’on croise un accident de voiture, que l'on ne peut s'empêcher de regarder et que l'on voudrait aussitôt oublier.
Elle fit mine de réfléchir puis finalement acquiesça.
Comme si j'avais enclenché le pilote automatique, une deuxième répartie sortit de ma bouche, sans que je ne puisse la retenir.
"Sinon y'a les Mike Dyson, mais ça arrache les oreilles."
Je me suis dit que j'étais un salopard plein d'esprit à ce moment la.
Le vide dans ses yeux se faisait de plus en plus important, et j'aurais voulu pouvoir joindre la capitaine Kirk sur la radio pour le prévenir que l'USS Enterprise allait être englouti par un trou noir gigantesque.
"Ca fait plus de bruit ?" finit elle par sortir.
Je me suis alors senti extrêmement fatigué, j'aurais voulu ne pas l'avoir croisée malgré la douceur que m'avait apportée la vue de sa peau de pêche.
"Oui, beaucoup de bruit" ai-je fini par souffler "bon je dois vraiment y aller".
"OK, à plus tard" me dit elle.
Et comme si je lui taillais une nouvelle paire de chaussures en béton, encore, sachant que je sèmerais le trouble dans son esprit format pocket, je n'ai pu m'empêcher : "Rien n'est moins sûr".
Je suis parti en essayant d'oublier toute cette absurdité, en me disant à nouveau que j'étais un salaud mais que faire de l'esprit avec certaines personnes est à peu prés aussi méritant que de flinguer un lapin en cage.
Oui , elle était mignonne, c'est sûr.
Quand même, faudrait peut être prévenir les vendeurs d'électroménager de la région.




vendredi 7 octobre 2011

L'emploi dans ta gueule

Hier soir, décidé à me détendre devant n'importe quelle sous merde télévisuelle de fin de soirée, prêt à me faire laver le cerveau par un scénario pourri servi par des acteurs décadents, je me suis retrouvé pris au piège par la bande annonce d'Infrarouge qui commençait.
Et bam, ça y était on m'obligeait à réfléchir et m'indigner alors que je passe déjà mes journées à ça. Mais je n'ai pas pu décrocher.
"La gueule de l'emploi" était le titre de ce fabuleux documentaire de Didier Cros.
Il s'agissait d'un process de recrutement sur deux jours, organisé par Gan prévoyance, et géré par trois cadres puants de la société, ainsi que deux gros lards de recruteurs complètement sadiques et heureux du simili-pouvoir qui leur était confié.
L'on m'aurait dit que c'était une fiction, j'aurais répondu que les personnages étaient un peu trop caricaturaux.
Mais malheureusement c'était la réalité d'un monde impitoyable que, sérieusement, je ne soupçonnais pas possible à ce point la.
Dix candidats en réunion, un jury de cinq personnages immondes précités, et des mises en situations, des jeux de rôles, des exercices tous plus débiles les uns que les autres ont placé dans ce huis clos sordide une atmosphère à la fois stressante, humiliante et complètement incohérente avec la dynamique d'une recherche d'emploi.
Tout était fait pour déstabiliser les candidats, mais pas seulement, car même lorsqu'ils ne passaient pas à l'étape suivante, leurs faiblesses étaient décortiquées comme une grosse tarte dans leurs gueules sans que personne ne bronche ou ne leur dise "Non mais tu te prends pour qui ? Parce que tu es de l'autre côté du bureau tu penses tout savoir sur tout ?" (c'est un truc que j'ai balancé à ma prof de français en 4éme, mais c'était facile, je n'avais rien à perdre).
Il fallait vraiment voir comment les cadres et les recruteurs se permettaient de parler à ces pauvres gens. Entre les lignes on pouvait lire "on vous tient par les couilles".
Bref, sur 10 candidats, deux sont partis avec fierté dans la première phase (la je dis chapeau), cinq se sont vus tout bonnement refusés pour la suite, et trois ont accédé à la deuxième phase.
Précisons qu'à ce stade les candidats ne savaient toujours pas pour quel job ils postulaient, ils savaient juste que c'était dans la branche commerciale.
Arrive le moment, au deuxième jour, où on présente le poste aux trois élus.
Commercial, le SMIC + primes.
La je me dis ils vont leur rire au nez, se lever et partir en claquant la porte. Particulièrement l'un d'eux qui avait quand même 35 ans d'expérience dans la vente et à qui l'on parlait comme à un gosse.
Et bien non O_o, tous sont restés.
Arrivent les entretiens individuels. Une deuxième couche de brimades et d'humiliation.
C'était littéralement hallucinant.
Au final deux seront retenus, dont l'une (la seule femme) ne sera pas gardée au terme de sa période d'essai.
Six mois plus tard, le seul restant en poste chez Gan prévoyance, touchait environ 1 700 € nets (en comptant les primes, la base de SMIC n'évolue jamais) pour être corvéable à merci de 6h00 à 22h30 (lors de l'entretien individuel ils lui ont quand même posé la question "Par quoi compensez vous votre lenteur d'esprit ?").
Je te jure j'aurais voulu pouvoir débarquer dans la salle et leur flanquer une raclée à ces cinq gros porcs (dont deux femmes), j'aurais voulu sauver ces gens, leur dire "non ce n'est pas la vie, vous valez mieux que ça, nous valons tous mieux que ça, arrêtez de vous laisser insulter."
Mais même si j'avais pu faire cela, aucun ne m'aurait suivi.
A la fin de la première phase, l'un des 5 non retenus les a supplié de le laisser revenir le lendemain.
Un conditionnement mental absolu, un formatage réalisé en à peine une demi journée.
On sait depuis longtemps toutes les horreurs qu'il est possible de commanditer à une armée bien entraînée, même si elle est composée de braves gens.
On se rassure en pensant que tout cela appartient au passé.
La j'ai vu des gens brisés, désœuvrés, humiliés, et prêts à te donner un coup de crosse dans le dos pour te fourrer dans une cellule si le chef le demande.
Le docu était ponctué des interviews des candidats qui, avec du recul, n'en revenaient pas eux mêmes de la situation.
A l'exception de celui qui avait supplié.
Il n'y avait pas de sang, pas de flingues, pas de violences physiques ; et c'est pourtant bien un crime contre l'humanité que j'y ai vu la.


mercredi 5 octobre 2011

Grâce à mon sixième doigt et l'évolution

C'est parti d'une petite phrase facile et mal fagotée :
"L'homosexualité existe chez 450 espèces, l'homophobie chez une seule. Qu'est-ce qui est naturel aujourd'hui ?"
Et donc comme j'ai pu y répondre, j'ai vu de mes yeux vu un Cocker croisé Mykonos qui se faisait mordre par les autres chiens, pour son attirance canine envers le cuir et les plumes d'indien.
Mais ça aussi c'est facile, même si c'est vrai. Allons plus loin.
Laissons faire la nature donc.
Une poule malade, infirme, ou pas dans les bons tons de blanc ou de roux dans un poulailler sera attaquée à coup de becs jusqu'à la mort par ses congénères pourtant très naturelles. Et ce qui est intéressant c'est que cela ne se produit pas dans ses saloperies d'élevages en batterie où ces gallinacées ont perdu tout repère avec leur patrimoine génétique.
Un lion qui putsch un autre lion chef d'une tribu dévorera les plus jeunes lionceaux pour les remplacer par sa propre descendance.
Dans un nid, l'oisillon le plus frêle, n'arrivant pas à se hisser à hauteur des autres, n'attrapera jamais rien à manger de ses parents qui finiront par le laisser mourir puisque sa condition physique n'est pas viable pour l'espèce. Point de couveuse de maternité ni de biberon pour ce pauvre innocent. La nature à décidé de l'éliminer au conseil, pour lui l'aventure s'arrête la.
J'imagine qu'il y aurait des encarts unnatural à faire si on décidait de ne pas sauver nos bébés humains prématurés.
Plus proches de nous, les Chimpanzés torturent purement et simplement leurs semblables albinos, les rejettent, les poussent à l'auto destruction (oui ils pourraient bosser à la direction de Renault).
Quant aux Bonobos ils n'hésitent pas à pratiquer l'inceste à longueur de journées sans que leur conscience en soit affectée.
L'être humain est une sacrée foirade, un rebut de l'univers intersidéral, je suis d'accord, mais franchement niveau salauds les animaux n'ont rien à nous envier.
Précisons pour terminer que chez les animaux l'acte sexuel a toujours pour objectif une finalité de procréation.
Donc, si nous voulons rester naturels, arrêtons de baiser et contentons nous de nous reproduire (on va serrer les dents je pense).
Finalement, c'est pas si bien fait tout ça.
Je finirai sur un clin d'oeil (genre oeil vitreux de Mo, le fabuleux Jacques Villeret, dans "L'été en pente douce") pour la belle Laureen de Montréal qui va me faire siffler les oreilles jusqu'ici : "Bah, c'est la nature hein !".